{"id":1252,"date":"2020-12-15T14:40:32","date_gmt":"2020-12-15T13:40:32","guid":{"rendered":"http:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/?p=1252"},"modified":"2021-02-09T11:29:46","modified_gmt":"2021-02-09T10:29:46","slug":"la-creche-provencale-le-santoun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/?p=1252","title":{"rendered":"La cr\u00e8che proven\u00e7ale : le santoun"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/P1010377.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1238\" src=\"https:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/P1010377-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/P1010377-300x225.jpg 300w, https:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/P1010377-768x576.jpg 768w, https:\/\/lespilles.fr\/lespillesautrefois\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/P1010377.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Vid\u00e9o :cliquer sur le lien\u00a0<a href=\"https:\/\/www.kizoa.com\/Movie-Maker\/d347287107k5633530o2l1\/Cr\u00e8ches des Pilles\"> Cr\u00e8ches des Pilles de 2014 \u00e0 2019<\/a><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: large;\">Ce personnage insigne, le santon (du proven\u00e7al \u00ab\u00a0santoun\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0petit saint\u00a0\u00bb), est riche d&rsquo;une longue histoire qui plonge ses racines au plus profond des premiers temps chr\u00e9tiens. Ainsi, \u00e0 Rome, dans une chapelle des catacombes de Saint-Priscille, une fresque de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du Ier si\u00e8cle montre l&rsquo;une des\u00a0: premi\u00e8res figurations connues de la cr\u00e8che. Dans une salle contigu\u00eb, on voit l&rsquo;Adoration des Mages que l&rsquo;on retrouve, peinte au IIIe si\u00e8cle, dans une galerie voisine.<\/span><\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Au IVe si\u00e8cle la cr\u00e8che s&rsquo;enrichit de l&rsquo;\u00e2ne et du b\u0153uf que l&rsquo;on trouve sur un mur du cimeti\u00e8re romain de Saint S\u00e9bastien. Des \u00e9crits apocryphes mentionnent cet \u00e2ne, ce b\u0153uf, qui sont absents de l&rsquo;Evangile. Cette cr\u00e8che un peu plus compl\u00e8te, la voici au grand jour sur des parois de sarcophages des IVe et V\u00e8 si\u00e8cles aux lieux chr\u00e9tiens les plus c\u00e9l\u00e8bres : Rome, bien s\u00fbr, Milan, Mantoue, Anc\u00f4ne, Syracuse, Arles, Saint Maximin o\u00f9 les proven\u00e7aux la ch\u00e9rissent. Mais plus secr\u00e8te, elle orne manuscrits, miniatures, tissus, ivoires, pierres et peintures orientales. Une opinion bien ancr\u00e9e veut que la cr\u00e8che soit un acte d&rsquo;amour franciscain ; que ce soit Fran\u00e7ois d&rsquo;Assise lui-m\u00eame qui, le premier, ait fait une cr\u00e8che vivante \u00e0 Greccio : celle que Giotto a prise comme sujet d&rsquo;une de ses plus belles fresques. Comme on le sait, la m\u00e8re de Fran\u00e7ois \u00e9tait de Beaucaire (d&rsquo;autres disent de Tarascon).<\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: large;\">Apr\u00e8s la r\u00e9volution Fran\u00e7aise, les \u00e9glises furent ferm\u00e9es et la messe de minuit interdite. Il n&rsquo;y avait donc plus aucune repr\u00e9sentation de la nativit\u00e9 pendant la p\u00e9riode de No\u00ebl. Pour pallier \u00e0 cela, les croyants commenc\u00e8rent \u00e0 repr\u00e9senter la nativit\u00e9 dans leur foyer, le plus souvent en mie de pain et \u00e0 l&rsquo;abri des regards, car cela \u00e9tait proscrit.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: large;\">Ce n&rsquo;est\u00a0que d\u00e9but 1800 que les cr\u00e8ches r\u00e9apparurent dans les \u00e9glises. A cette \u00e9poque, un Marseillais, nomm\u00e9 Louis Lagnel, eut l&rsquo;id\u00e9e de modeler les personnages de la nativit\u00e9 dans de l&rsquo;argile, et de cr\u00e9er des moules pour reproduire ses mod\u00e8les en s\u00e9rie. Il repr\u00e9senta \u00e9galement les gens qui vivaient autour de lui, le boulanger, le r\u00e9mouleur&#8230; Le premier santon et la cr\u00e8che Proven\u00e7ale \u00e9taient n\u00e9s, et les Proven\u00e7aux contribu\u00e8rent pour beaucoup \u00e0 son expansion \u00e0 travers la France. <\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: large;\">Depuis, la cuisson de l&rsquo;argile a fait que les santons sont beaucoup plus r\u00e9sistants au temps, mais les techniques de fabrication restent toujours les m\u00eames de nos jours, dans la plus pure tradition artisanale.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Times New Roman, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-size: large;\">\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"font-size: large;\"><i>C&rsquo;est en tout cas sur le beau Pr\u00e9 de foire que Pica Bernardone rencontre le marchand drapier de Lombardie qu&rsquo;elle \u00e9pousa. S&rsquo;il est vrai, qu&rsquo;h\u00e9ritiers de ces santibellis de pl\u00e2tre que vendaient les Napolitains en Provence et en Languedoc, les santons aient d\u00e9j\u00e0 exist\u00e9 en ce XIIIe si\u00e8cle, dans les provinces du Midi et sur les bords du Rh\u00f4ne voyageur, il est possible que la jeune \u00e9pous\u00e9e, suivant son marchand de mari, ait emport\u00e9 son humble cr\u00e8che en Lombardie, Marseille, Arles, mais aussi bien plus loin au c\u0153ur des terres proven\u00e7ales. C&rsquo;est \u00e0 dire \u00e0 Brignoles, Apt, Sisteron, Riez et bien d&rsquo;autres cit\u00e9s au long et glorieux pass\u00e9, qui l&rsquo;assurent parmi beaucoup d&rsquo;autres l\u00e9gendes.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><em>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1806, des santonniers de Provence ont cr\u00e9\u00e9 la foire aux cr\u00e8ches de Marseille. C&rsquo;est la figuration des petites gens du peuple de Provence dans l&rsquo;initiation au grand myst\u00e8re de No\u00ebl. Les Marseillais d&rsquo;aujourd&rsquo;hui comme leurs anc\u00eatres, peuvent se procurer ces personnages dans les stands qui sont install\u00e9s sur la Canebi\u00e8re, du d\u00e9but D\u00e9cembre \u00e0 la No\u00ebl. Depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle, sur la Canebi\u00e8re, dans un \u00e9ternel recommencement, les familles de toute la r\u00e9gion ne manquent pas, dans la cohue automobile de notre temps, de venir admirer les symboles immuables d&rsquo;une Provence perdue.\u00a0\u00a0<span style=\"font-size: large;\">\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"font-size: large;\">(Texte r\u00e9dig\u00e9 par l&rsquo;Atelier Simone Jouglas)<\/span><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vid\u00e9o :cliquer sur le lien\u00a0 Cr\u00e8ches des Pilles de 2014 \u00e0 2019 Ce personnage insigne, le santon (du proven\u00e7al \u00ab\u00a0santoun\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0petit saint\u00a0\u00bb), est riche d&rsquo;une longue histoire qui plonge ses racines au plus profond des premiers temps chr\u00e9tiens. 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